Coup d'envoi.
C'est sûr, au footeux, faut pas essayer de lui parler sans ce petit ascendant psychologique qui peut arriver lorsqu'il baisse la garde. On profite d'une ouverture, on annonce la nouvelle, et on attend le contre favorable. Le seul souci, c'est qu'il nous réponde en contre pied, et qu'il profite du temps réglementaire pour s'opposer à notre demande. Dans ce cas, une seule parade, repousser le non en faveur du je te comprends on en reparlera plus tard mon chéri, s'incrire dans une dynamique de tacle, réglementaire bien sûr, et récupérer l'ascendant. Cette intelligence du déplacement sur la surface de négociation permet de dégager loin, quasiment au second poteau. Au final, une inscription en soutien qui permet de patienter jusqu'au temps additionnel, et de finir sur un score final de 1 partout;)
20h00, samedi soir.
Les 5 enfants sont chacun dans leur chambre, attelés à diverses activités silencieuses ou minutieuses selon l'âge, dodo, challenge du coloriage à réaliser absolument sans dépasser, mini paillettes à coller le long d'une longue ligne en zigzag, lecture d'une encyclopédie minimum, le retour de la momie en volume 3 maximum.
Et pour moi?
Pour moi, c'est le top sonore qui marque la fin d'une journée de 14h d'affilées, (pour l'instant), dédiée à tous, sauf à moi. Pfiou.
20h00, l'heure où la pression tombe d'un coup.
Et c'est là que je réalise pour la première fois que mon tee shirt est maculé de lait caillé, que mon jean est décoré de Petit Ecolier machouillé écrasé, que les lacets de mes baskets ne se sont pas ré-attachés tout seuls finalement, que mes cheveux ne ressemblent à rien, que j'ai 7 appels en absence de ma mère, que le contenu de la troisième machine de linge ne s'est pas étendu par magie, et que mon laptop n'avait plus de batterie à force de m'attendre en veille.
Pas grave.
A ce top sonore, c'est pour moi. Enfin. Un petit morceau de ma journée m'appartient encore. Et c'est maintenant.
C'est maintenant que je m'assoie avec un petit verre rempli de veritas, que je tape ces mots, avant d'aller lire mes blogs préférés.
Au prochain top sonore, je serai sur votre page;)

Oui dès l'instant que je vous vis
Beauté féroce, vous me plûtes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes
Ah ! Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénument je vous le dise
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez
aspet: À se péter le cul sur le trotoir
Bon, je vous dis pas tout mais regardez et après, dites-moi franchement, que vous ne vous êtes pas éclaté de rire à un moment ou un autre durant la vidéo.
Trouvé je ne sais plus où sur le net, mais tordant.
Comme quoi les traductions simultanés pour mal-entendants, ça peux être drôle.
Pendant ce temps, au Québec, les jours coulent et les nuits annoncent leur arrivée en grande pompe!
Le malheur, c'est que ces couleurs ne durent jamais longtemps. L'éclairage des hommes, leurs rues ou leur esprit, semble bien faible à certains moments. Ce 6 novembre au matin à Mont-Tremblant, à 1h45 de route au nord de Montréal. Rien, pas de neige encore à Montréal [Photos provenant du site Météomédia.com]
Le Tigre blanc est une rareté et une anomalie de la nature.
Balram Halwai est surnommé « le tigre blanc » parce qu’il est une erreur dans la jungle qu’est la société indienne d'aujourd’hui. Lorsqu’il réussit à obtenir un emploi de chauffeur chez un riche indien de New Delhi, Balram n’envoit pas l’argent qu’il gagne à sa famille. Balram va observer les « ventres gras » et les « ventres creux » qui forment les deux mondes de l’Inde.
Et c’est dans une lettre écrite au premier ministre de la Chine (« nation éprise de liberté… !») qu’il raconte les 7 nuits qui vont le conduire à un acte irrémédiable, seule façon, selon lui, de ne pas devenir un des laissés-pour-compte de la Shining India du XXIème siècle.
Il va basculer dans le vol, le meurtre et…. La création d’entreprise !
C’est un roman qui nous conte l’Inde des castes, des taudis, des affamés et des riches mais aussi l’Inde des opportunistes et des corrompus. C'est un roman qui nous rappelle que 40% de la population indienne de plus de 15 ans est illettrée... et que l'enseignement supérieur est réservé à une frange réduite de la population.
C’est pour tout cela que ce roman ne laisse pas indifférent mais aussi parce qu’il nous conte l’histoire d’un homme qui refuse l’obéissance, vertu dont il n’aurait jamais du être dépourvu de par ses origines de « basse caste » …
En cela, il est un « Tigre blanc ».
C’est un livre réellement passionnant.
Le premier de cet auteur indien de 35 ans.
…
Le Docteur Samuel Carrier dormait dans un de ces fauteuils de mousse pouvant se déplier pour faire un petit lit semi-confortable. Dehors, les oiseaux chantaient et souhaitaient la bienvenue au soleil qui tentait, tant bien que mal, de réchauffer le sol. La tempête avait cessée vers trois heurs du matin. Les équipes de monteurs de ligne d’Hydro-Québec remettaient les lignes de transport et de distribution d’électricité en état de fonctionner. De grosses grues retiraient des branches, et quelques fois des arbres entiers, qui recouvraient véhicules et des maisons. Le préposé au stationnement semblait atterré par la disparition de son "bureau".
Une préposée aux cuisines entra dans la chambre où se trouvait Sam, elle portait un plateau avec le petit déjeuner. Elle le laissa presque tomber sur la table du patient en lançant « C’est le p’tit déj! ». Le bruit et la voix réveillèrent Sam et il ouvrit les yeux.
La soirée avait été longue. Des heures en salle d’opération pour sauver son mentor. Celui qui lui avait tout apprit. Celui qui lui a montré comment recevoir les patients, comment leur annoncer une nouvelle, l’annoncer à ses proches dans le pire des cas. Celui qui le poussait toujours à être meilleur.
C’est ce qu’il avait fait hier. Fuller, là, sur la table d’opération. La respiration hésitante, ensanglanté, les vêtements déchirés par les ambulanciers. Il semblait si, si fragile, et si brisé. Quatre heures trente en salle d’op. Il avait arrêté de compter les scalpels, les pinces, les rétracteurs, les éponges et tout le reste. Il s’était pleinement concentré sur son patient. Non, sur son mentor.
« Il était temps fiston! Je commençais à m’emmerder à compter les coups de pinceaux au plafond. »
« Dr. Fuller, content que vous soyez réveillé. Vous avez manqué une de ces tempêtes! »
« Si je me fie à ce dont tu as l’air, je suis content de l’avoir ratée. » dit le Dr. Fuller en grimaçant un peu. Il avait mal.
« Vous nous avez fait toute une peur hier soir, la tempête, l’accident. Jusqu’aux ambulanciers qui ne pouvaient pas faire leur travail. Leur radio en panne, nous ne savions pas à quoi nous attendre, comment nous préparer. »
« M’avez-vous opéré? C’est ce à quoi je m’attendais tu sais. »
« Oui, dit Sam, vous étiez couvert de sang. Des unités de sang furent préparées, le réanimateur cardiaque, toute l’équipe de traumatologie était présente. »
« Je me sens comme si j’étais passé au lave linge. Et vous m’avez pansé partout aussi. Je sens des sutures à des endroits que je ne croyais même pas avoir. » encore une grimace accompagné d’un sifflement d’air inspiré entre les dents serrés.
« J’ai dû faire de la chirurgie exploratoire, pas moins de huit incisions. Certaines assez longues. Au moins 12 points chaque, j’ai compté 42 points pour refermer la plus grande. Je ne voulais prendre aucune chance, vous sembliez être dans un très mauvais état. » Sam se leva et se rendit près du lit. « Je voulais m’occuper personnellement du Chef de service, d’aucune façon allions-nous vous perdre. »
« Bien, en tant que ton patron, Sam, je suis impressionné par ce que tu me racontes. Vous m’avez endormi assez rapidement, qui a fait ça? »
« C’est moi Dr. Fuller. Enfin, pas moi mais c’est l’ordre que j’ai donné à Pat. De le faire rapidement, je ne voulais pas perdre de temps. J’en suis heureux que vous alliez bien. »
Il y eut une minute de silence durant laquelle le Dr. Fuller semblait songeur. Sam, lui, était fier de son travail, et content de voir son mentor si alerte et volubile suite à son passage sous ses doigts experts.
« Tu sais Sam, j’ai repris conscience tout juste avant de passer sous anesthésie. J’ai pris ton bras à ce moment. »
« Je me souviens Dr. Fuller. Vous deviez souffrir terriblement et je voulais procéder rapidement. »
« Oui, j’ai lu le rapport d’opération. Mais si tu n’avais pas été aussi pressé de me charcuter et de m’entailler la peau, j’aurais pu te dire que ma coupure au front n’était rien de grave et que ce qui me faisait souffrir n’était qu’une appendicite avant que tu m’endormes. En passant, tu es renvoyé pour manque aux procédures! »
…
Se relevant, Sam attendis que les lumières se rallument. La porte s’ouvrit et quelqu’un rentra avec une torche électrique.
« Tous les générateurs sont foutus, la foudre les a eu. »
« L’équipe de construction avait un petit générateur, dit Samuel, il faut que quelqu’un le trouve et l’apporte ici. J’espère que ce sera assez puissant pour la salle d’op. Ne reste pas là, allez! »
« Que t’es-t-il arrivé bon sang? Tu es tout plein de sang! J’y vais et je t’envoie une infirmière. »
Des éclats de verre avaient coupé le bras de Sam ainsi que son front, mais rien de grave. Il pouvait aussi sentir une énorme bosse lui pousser à l’arrière de la tête. Les médecins ne sont pas de bons patients mais il resta calme pendant qu’il se faisait nettoyer et panser ses blessures. Les urgences devaient maintenant être redirigées vers un autre hôpital, le sien était débordé.
Le Docteur Fuller allait bientôt arriver et Sam était bien content d’être là. Il ne voudrait pas qu’un autre médecin s’en occupe. Il le devait bien à Fuller. C’est lui, Fuller, qui avait poussé Sam, demandant toujours plus de savoir, plus d’études, plus de précision. Fuller était le médecin que sa sœur aurait dû avoir, il était le médecin que Sam voulait être. C’est à cause de Fuller que Sam était devenu si bon en si peu de temps.
Un crash retentit, Sam se retourna, les ambulanciers entraient, poussant une civière, la civière de Fuller. Sam s’approcha rapidement.
« Un instant Docteur, je n’ai pas fini de remplir les documents d’admission! » s’écria une préposée.
« Gardez votre bureaucratie chez vous, vous terminerez votre roman plus tard. » dit Samuel.
Courant avec les ambulanciers vers la salle d’opération, Sam obtint plus de détails. L’équipement de l’ambulance ne fonctionnait pas bien, ils ne pouvaient suivre l’état de leur patient comme ils l’auraient voulu. Le bruit de la tempête rendait difficile de prendre sa pression artérielle. Du sang couvrait le Dr. Fuller, provenant majoritairement d’une blessure à la tête. Il était conscient à l’arrivé des ambulanciers, mais juste assez longtemps pour leur dire que ce ne semblait pas être grave. Il ressentait beaucoup de douleur et lorsqu’il voulu leur montrer à quel endroit, il perdit connaissance.
« Il pourrait y avoir une ou plusieurs hémorragies internes, je veux tout le nécessaire de traumatologie dans la salle d’op. » Pat était maintenant avec eux, Sam continua « Vérifiez les réserves de sang, je ne veux pas qu’il sèche entre les mains. Que se passe-t-il avec le générateur? Allez, dépêchez-vous! »
« Aye Capitaine! Je m’en occupe à la vitesse "warp", mais je ne sais pas pour combien de temps. »
Sam arrêta soudainement, et prenant Pat par le bras, le mena près du mur.
« Écoute, si ce patient est comme tout autre pour toi, ce n’est pas le cas pour moi. Si ta préparation préopératoire ne consiste qu’à utiliser de mauvais commentaires de Star Trek, je ne te veux pas dans la salle avec nous. Compris? »
Pat hocha de la tête et partit en salle d’opération.
La salle d’op #5 grouillait et il y avait une certaine tension dans l’air. Même dans le noir presque total, tout le personnel savait où ils se trouvaient et ce qu’ils faisaient. Un préposé entra avec de fortes torches électriques. Quatre ou cinq en tout. Elles furent disposées de façon à offrir le meilleur éclairage possible. Les secondes semblaient durer une minute chacune, et après dix d’entre elles, des clics se firent entendre. L’éclairage revenait! Il y eu un soupir collectif de soulagement.
« Écoutez tout le monde, cela veux tout simplement dire que nous pouvons faire notre travail un peu mieux. Je veux ce patient totalement endormi à mon retour. Je pars me préparer de nouveau. »
L’appareil de radiographie portable entrait et le Dr. Fuller avait des fils et des tubes partout. Sam entendit une voix, plus comme un soupir, et senti quelqu’un lui prendre la main. C’était Fuller. Il tentait de parler à Sam. Il se pencha, tout près de l’oreille de Fuller et dit « T’inquiète mon vieux, je suis ici. »
Se relevant, il répéta son ordre « Endormez-le moi, dans dix minutes, on commence! »
…
Wow. Je viens de réaliser: Je suis plus rentable que le Livret A.
La seule variable de ma journée, c'est le temps.
Ce qui est invariable, c'est le travail, les enfants, le couple, la maison, les 6 heures de sommeil par nuit, le blog;)
Et tout le reste relève de l'accidentel (le social and co qui se joue hors de l'enceinte du foyer ou du lieu de travail).
Ainsi, le seul élément sur lequel je puisse jouer, ce sont les minutes que je grapille à droite et à gauche, et que je suis libre de réattribuer selon mes invariabilités et mes accidentalités.
Mais pour grapiller des minutes, il faut vivre dangereusement les amis.
Je marche au minimum au pas de course, env. 8 km/h, en comptant les gens que je dépasse en guise de trophée.
Je zigzague entre les passants sans même m'en rendre compte.
Je m'impose sur les passages piétons qui n'ont pas de feu rouge (c'est absurde à Paris), jouant avec ma vie.
Je ne connais pas la file de droite des escalators.
Je descends les escaliers 3 à 3 en évitant avec brillo pour l'instant les foulures de cheville sur mes talons.
Je connais les raccourcis des stations de métro.
Je suis incollable sur les meilleurs wagons de RER pour accéder directement aux sorties.
Je suis diplômée agrégée du Shiva Institute pour mes 2 bras qui en valent 4.
Je connais les décomptes de minutes entre chaque passage du piéton rouge au piéton vert.
Je dépense systématiquement le double de calories que j'ai beau ingèrer.
Ben oui! Je vous vois rigoler doucement, mais que voulez vous? Les journées ouvrables (sans les 6 heures de sommeil) n'ayant que 1080 minutes, si j'en gagne 40 à réattribuer en toute liberté grâce à ma vie hyper dangereuse, c'est énorme les amis! C'est du 3,7% d'optimisation et de rentabilité pure et dure... J'explose le taux du Livret A;)