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Que ce soit Magritte et le surréalisme, Macke et son obsession de la lumière, Renoir et l’impressionnisme, Kandinsky et sa remarquable démarche vers l’abstrait, ou le grand Picasso avec son œil magique, j’ai toujours été fasciné par le travail intellectuel du peintre pour s’extirper du réel.
Gauguin et sa recherche tectonique, Van Gogh et ses toiles vibrantes, ou Warhol et son cri envers le monde tel qu’il va, tous ont exprimé quelque chose de subtil, une sorte de travail cérébral pour voir au-delà des choses, et ça m’a toujours agacé de « percevoir », à la marge de l’œil, à la marge du conscient, le génie de ces hommes, un peu comme un rêve qui disparaît au réveil avant qu’on a pu le fixer. Et de se retrouver, une fois le dos tourné à l’œuvre, en face de sa pitoyable limite.
Mais alors Soulages, moi je vois du noir étalé, barbouillé, vain, vide, ou alors, pire, narquois, non respectueux du spectateur-pigeon.
Et, quand je me retourne, je n’éprouve pas plus de sensation qu’après être passé dans le couloir d’une maternelle, devant des dessins d’enfants.
En fait, encore moins.
Un de mes chefs se situe "loin" de mon bureau.
Nos rapports sont surtout téléphoniques et/ou informatiques.
Il ne connait pas mon boulot, c'est un incompétent, il a des complexes de chef, il ordonne des trucs absurdes et s'offusque quand on lui dit que c'est bête (même si on y met les formes).
Bref, c'est un chef, dans toute l'acception idiote du terme, et je suis son subordonné, dans toute l'acception francetélécomesque du terme.
Puisque de toutes façons il s'offusque, autant y aller franco, donc ce matin j'en ai eu marre et je lui ai expliqué, quelques décibels à l'appui, que je souhaitais qu'il arrête un peu de parler pour ne rien dire, et qu'il écoute un peu plus.
Bien sûr il a battu en retraite en bon ordre, car les consignes actuelles sont de ne pas heurter le bas-peuple, des fois qu'ils veuillent imiter les collègues de FT...
Pauvre naze. Il se vengera en amputant ma prime annuelle, je suppose, d'un montant censé représenter les dommages et intérets que son ego aura subi, par le vecteur de ses oreilles.
Il l'a déjà fait, il adore ça.
Un collègue, témoin de l'algarade, me dit quelques heures plus tard que grâce à ça j'ai gagné un peu de liberté.
J'en conviens, je conviens donc aussi que la liberté a un prix (celui de l'amputation de ma rémunération).
Donc, les capitalistes sont arrivés à nous vendre même notre liberté.
Ils sont forts quand même !!!
Ca m’étonne quand même car pourtant il n’a aucune astuce.
Ben oui il est auvergnat, il parait. Comme moi. On ne choisit pas hein !!!
Bref.
Par contre il m’est venu l’idée qu’il n’a pas eue, en voyant un reportage sur tous ces émigrés anglophiles qui prennent d’assaut les camions calaisiens.
En effet, sur des bandes vidéos tournées par la police, on voit ces meutes de pauvres gens courir après les camions en partance pour l’Angleterre, se glisser dans le camion et enfin espérer la terre promise.
Alors Mr Hortefeux, au lieu d’affréter à grands frais des charters pour renvoyer ces personnes en Afghanistan, ce qui attire immanquablement l’oeil des journalistes et de ces horribles gauchistes droits de l’hommistes, d’où un scandale intenable pour le gouvernement le lendemain, avec un rendement médiocre, ou d’attaquer avec moulte gendarmes, et, là encore moulte journalistes, la jungle calaisienne, il vous suffit d’affréter discrètement un 36 tonnes vide avec une belle remorque marquée « Calais-London », soigneusement entrebâillée « par mégarde », et de rouler doucement dans Calais.
Plus besoin de gendarmes, pas besoin d’airbus, et votre camion va se remplir spontanément de candidats au voyage ! Une fois le chargement effectué, vous fermez la porte, vous changez la pancarte en « Calais-Kaboul ». Et hop, pas un journaliste n’a rien vu.
Ne me remerciez pas, entre payses on se comprend.
Non j’déconne.